Sanctions anti-russes: que gagne la Suisse?

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Image: Voice of Russia

Les dernières semaines ont été marquées par le référendum catalan sur l’indépendance. Une population votait pour retrouver son autonomie, sans base constitutionnelle certes. Mais au fond, le Kosovo n’a-t- il pas été reconnu par la majorité des Etats occidentaux, Suisse comprise, en violation du droit serbe auquel il était soumis jusqu’alors ?

Ces événements, commentés avec une certaine mansuétude – que ce soit par les acteurs médiatiques ou politiques tels que l’Union européenne – ne pouvaient manquer de nous rappeler le référendum de Crimée en 2014. Pour mémoire, les électeurs de la presque-île avaient alors accepté leur détachement de l’Ukraine et leur retour au sein de la fédération de Russie avec plus de 96% des voix. A noter que le taux de participation était bien plus élevé que celui de la Catalogne, en raison de l’incapacité de Kiev à perturber le scrutin avec la même vigueur que Madrid.
Plusieurs mois après la votation, les études menées par des instituts européens confirmaient que le vote correspondait à la volonté des Criméens : plus de 90% de ces derniers étant satisfaits de la situation et 80% considérant que le vote représentait la volonté de leurs concitoyens.
Faisant fi de la volonté populaire en Crimée, ignorant l’histoire de cette république qui n’a jamais voulu être ukrainienne (elle y a été rattachée contre son gré, une première fois en 1954 par donation du dictateur d’origine ukrainienne Khrouchtchev, une seconde fois après la partition de l’URSS par phagocytage de son voisin du nord) et ne craignant pas la contradiction de sa reconnaissance du Kosovo, la Suisse a décidé benoîtement de s’aligner sur les sanctions internationales contre la Russie pour « éviter qu’elles ne soient contournées à travers notre pays ».
Les considération historiques étant mises au point, il en reste que notre Confédération, prétendument neutre, applique aujourd’hui un certain nombre de sanctions à l’encontre du grand cousin de l’Est. Si l’on peut comprendre l’idée que l’industrie de l’armement ne doit pas servir dans un conflit ouvert, comment peut-on penser que l’embargo sur les machines à coudre, les lave-linge et les calculatrices soit d’un intérêt quelconque pour notre pays ?

La Suisse doit préserver sa neutralité.

Si les sanctions contre la Russie imposées sous le prétexte de l’annexion de la Crimée nous ont appris quelque chose, c’est que la patrie de Nabokov et Dostoïevski est un partenaire de choix pour la Confédération. Le fait que cette dernière ait renoncé à nous inclure sur la liste des pays sanctionnés dans le domaine agroalimentaires en est un signe.

La Suisse n’est-elle plus qu’un simple protectorat de l’occident, uniquement bonne à jouer son jeu pour des intérêts géopolitiques décidés outre-atlantique ? Ne pourrait-elle pas retrouver un rôle plus avantageux et servir de médiateur entre les différentes parties ?
La Suisse est un Etat neutre. Elle doit le demeurer. Finissons-en avec des sanctions contraires à nos valeurs et tournons enfin la tête vers l’avenir avec, comme but, l’intérêt de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

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A propos Yohan Ziehli

Président JUDC Vaud, Conseiller communal à La Tour-de-Peilz
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