Salaire minimum: une fausse bonne idée

licenciementLe 18 mai prochain, nous serons amenés à nous prononcer sur l’instauration d’un salaire minimum fixé à 22 francs de l’heure, soit environ 4’000 francs par mois. Bien que l’idée soit alléchante, et que tout le monde aimerait gagner plus que cette somme, l’introduction d’un tel salaire minimum n’est malheureusement pas une bonne solution. Bien au contraire.

Ne tient pas compte des différences entre cantons

Le salaire minimum proposé par l’initiative est fixé au niveau de la Confédération. Cela signifie qu’il sera le même pour tous les Cantons, alors que ces derniers connaissent des situations tout à fait différentes. Se loger, se nourrir et se divertir coûtera ainsi beaucoup plus cher à Zurich ou Genève qu’en Appenzell.

Définir un salaire minimum unique pour toutes les régions du pays revient à créer une inégalité de fait entre les salariés par régions. Une telle norme rigide et arbitraire ne doit pas être intégrée à la Constitution.

Menace les petites entreprises

Les salariés les plus touchés par des bas salaires sont ceux qui travaillent dans les entreprises de moins de 10 employés. Celles-ci représentent cependant plus de 80% de toutes les entreprises du pays! Bien souvent, le patron ne parvient pas à s’octroyer lui-même un salaire de 4’000 francs. En l’obligeant de le faire, il devra mettre la clef sous la porte.

Concrètement, les petits commerces de quartier  (épiceries, boulangeries ou encore laiteries) seraient fortement touchés. Obligés de monter drastiquement les prix et de licencier, ils perdraient rapidement leur clientèle au profit des grands magasins. En cas d’acceptation de l’initiative, il faut s’attendre à en voir fermer un grand nombre et, de ce fait, à perdre la diversité de l’offre actuelle dans ces domaines.

Une technique qui ne marche nulle part

Sans vouloir comparer le système suisse à celui d’autres pays, la constance avec laquelle l’introduction d’un salaire minimum a miné l’économie de nombreux pays devrait attirer notre attention. Le salaire minimum a tendance à rapidement devenir le salaire de référence, nivelant ainsi vers le bas les revenus des travailleurs.

En empêchant les petites entreprises d’engager du personnel, en faisant fermer les commerces les plus fragiles et en dissuadant les particuliers de créer leurs propres sociétés, le salaire minimum est également une machine à créer du chômage éprouvée par le temps. De ce fait, il faut également s’attendre à une augmentation des cotisations des travailleurs restants.

Conclusions

Le 18 mai, ne nous laissons pas berner. Refusons une initiative inefficace et dangereuse qui n’amènera pas plus de solutions que de problèmes. Pour les travailleurs et pour l’emploi, votons NON à l’initiative pour les salaires minimums.

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A propos Yohan Ziehli

Président JUDC Vaud, Conseiller communal à La Tour-de-Peilz
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Un commentaire pour Salaire minimum: une fausse bonne idée

  1. Balli dit :

    La question n’est pas de gagner plus, mais d’inciter les gens à utiliser leurs talents, à aller vers ce qu’ils aiment vraiment, pour être meilleurs, pour créer davantage de valeur utile à la communauté.
    Voir cela sur le plan uniquement financier est absurde.

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