Mort de Clément Méric: analyse d’une instrumentalisation politique.

Capture d’écran 2013-06-25 à 14.51.54Clément Méric est mort lors d’un affrontement entre des membres d’antifa (extrême gauche) et des militants d’extrême droite. Ce qui aurait dû rester une histoire tragique est devenu en quelques heures un emblème national de la lutte contre le fascisme. Très rapidement, de nombreux politiciens ont utilisé ce drame à des fins électorales, alors même que le déroulement des faits n’étaient pas encore établi.

Ainsi, de très nombreux représentants de la gauche française se sont unis (malgré des mois de luttes internes) pour dénoncer un « assassinat lâche » et demander la dissolution des groupuscules violents d’extrême droite.

Bien que ces demandes soient compréhensibles, il est à noter que cette histoire a été ultra-politisée. Le drame a été instrumentalisé. Et aujourd’hui, l’enquête démontre que les choses ne se sont pas passées comme on le pensait.

Préambule

Je tiens avant toutes choses à préciser que je n’affiche aucun soutien aux idées nauséabondes des mouvements d’extrême droite, notamment ceux qui se sont rendus responsables de la mort de Clément. Ces gens doivent être punis sévèrement. Cet article a pour vocation de critiquer les réactions politiques qui ont suivi cette affaire et de mettre en avant certaines autres vérités qui ont parfois été mises de côté. 

Il n’y a rien dans mes propos qui défende le groupe fasciste qui a tué Méric. Au contraire, il y a de l’accusation envers les autres protagonistes.

Une politisation précoce

Le porte-parole du PS Eduardo Rihan-Cypel profite de l’occasion pour mettre la faute sur Marine Le Pen et les manifestations hostiles au mariage homosexuel. A titre purement gratuit et sans preuve aucune, il utilise l’émotion ambiante pour assimiler les criminels à des membres du Front National et de la ManifPourTous. Une action politiquement justifiée, pour endiguer la montée en puissance de ces mouvements au moment où la situation du pays est au plus pas.

Jean-Luc Mélenchonlui, met la faute sur Marine Le Pen. Ce serait selon ses mots la dédiabolisation du FN qui serait responsable de la mort de Clément. Alors que sont propre mouvement et le FN sont en plein combat électoral, il n’y a rien d’étonnant à cela. Cette pratique n’est pas sans rappeler les conclusions erronées, calomnieuses et populistes que l’ancien candidat à la présidentielle avait  tirées du drame de Mohammed Merah il n’y a pas si longtemps. (a lire ici). A cette époque déjà il avait mis la faute des agissement de ce terroriste sur le dos du Front National (!).

Manuel Valls, ministre de l’Interieur, a parlé lui aussi d’assassinat, sous-entandant un acte prémédité de la part des extrémistes de droite.

Il ne s’agit là que de quelques exemples. Tout cela a débouché sur une demande générale: interdire les groupuscules d’extrême droite en France.

Les faits ne se sont pas passés comme on le pensait

Au début, l’histoire a été tout à fait romancée. Un jeune homme, chétif, faible, aimable et discret s’est fait agresser par des représentants de la menace brune. Ces derniers, armés, l’ont attaqué, frappé, lynché. Il est mort dans cet assassinat.

Aujourd’hui, la vérité semble apparaître peu à peu. Un groupe d’antifa a croisé un groupe d’extrême droite. L’un des militants de gauche a alors provoqué et menacé ses rivaux. L’un des principaux témoins de l’affaire, le vigile à l’entrée du magasin, a formellement identifié les amis de Clément comme les auteurs des troubles. Il déclare même que « Clément Méric voulait vraiment en découdre ». « Il semblait vraiment haïr ces gens ». Clément a d’ailleurs annoncé aux fascistes qu’il les attendra dehors… une phrase plus qu’équivoque.

Le vigile est alors allé voir les antifa pour leur demander de partir. Ce qu’ils ont feint de faire, mais sont en réalité restés devant la sortie. Toujours selon des témoignages concordants, les skins quittent le magasin en essayant de ne pas croiser les militants d’extrême gauche. Malheureusement, la bouche de métro est située proche de ces derniers. Et c’est près d’elle que les jeunes gens se croisent et que tout dégénère.

Les mêmes témoignages affirment : « Les mecs d’extrême droite ont cherché à échapper à l’affrontement, n’ont fait que se défendre, puis ont répliqué. »

La première vidéo dévoilée

Selon la vidéo de surveillance – dont les images étaient attendues depuis longtemps – Clément Méric se serait précipité vers Esteban, par derrière, pour lui porter un coup dans la tête. Ce dernier s’est immédiatement retourné, l’a frappé en pleine figure. Le jeune homme ne se relèvera plus.

La vidéo prouve également que  le groupe d’extrême gauche  a attendu longtemps les skinheads à côté de la station de métro pour en découdre

Qu’en est-il de la préméditation?

Il semble établi qu’il n’y avait aucune préméditation au sujet de la mort de Clément. Mais qu’en était-il dans l’autre sens? Le Figaro a révélé aujourd’hui qu’un site internet lié à antifa avait publié une photo d’Esteban il y a plusieurs mois déjà. Cette photo est accompagnée d’une légende demandant l’identification de cette personne. Le site se décrit comme servant la lutte antifasciste. Voici une photo que l’on retrouve sur un site connexe:

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Les militants antifa ont-ils reconnu l’individu? Ont-il voulu appliquer la doctrine de leur mouvement, à savoir en finir avec les fachos? La propagande de ce mouvement est d’ailleurs souvent plus qu’explicite, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.

Image

Les conséquences politiques

On remarque donc que, selon toute vraisemblance, il ne s’agissait pas d’un assassinat, mais bien d’une bagarre qui a mal tourné. Les militants des deux bords portant une grande responsabilité.

Pour leur part, les politiciens qui se sont emparés de cette affaire pour faire parler d’eux doivent désormais revenir sur leur propos et s’excuser publiquement de l’instrumentalisation qu’ils ont fait de cette affaire.

Le président de la république lui-même doit revoir sa copie. Lui qui avait déclaré que « ces groupes qui depuis trop longtemps créent le désordre doivent être réprimés » se retrouve aujourd’hui devant un choix. Soit il doit se distancer de ses propos. Soit il doit aller jusqu’au bout de son raisonnement, et demander la dissolution du groupuscule extrémiste Antifa.

Conclusion

On se retrouve aujourd’hui devant une affaire tragique. D’un côté, il faut noter la bêtise de tous les acteurs de cette affaire. Le point commun entre les deux groupes est le règlement de leurs problèmes par la haine et la violence. Bien que défendant des idéaux différents, les moyens sont les mêmes.

On ne peut que pleurer la mort de Clément Méric. Et on ne peut que pleurer l’idiotie de ces groupuscules aux idées et pratiques nauséabondes, dont le nombre de membres incroyablement haut est effrayant.

Et ce que l’on doit regretter par dessus tout, c’est une classe politique sans éthique, sans morale. Des ministres et chefs de partis qui sautent sur chaque occasion, aussi morbide soient-elles, pour gagner quelques points dans les sondages et quelques voix dans les urnes.

Encore une fois, je ne peux que déplorer le fait qu’il faille utiliser la mort d’un jeune pour dénoncer ces pratiques déloyales et écoeurantes. Je m’en excuse, tout en espérant que cela aura au moins servi à quelque chose.

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A propos Yohan Ziehli

Président JUDC Vaud, Conseiller communal à La Tour-de-Peilz
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