Mohammed Merah ou l’hypocrisie de la classe politique

merahLa terrible tragédie qui a eu lieu à Toulouse a glacé le sang des peuples européens ainsi que de la communauté juive du monde entier. Face à un tel niveau de barbarie, on ne saurait utiliser le drame à des fins politique : voilà une conclusion qui aurait dû aboutir logiquement dans l’esprit de nos politiciens et journalistes. Cela n’a malheureusement pas été le cas, et nous avons une fois encore subi un matraquage indigne d’une démocratie, démontrant la liberté d’expression à deux vitesses qui existe encore sous nos latitudes.
L’exemple le plus choquant est celui de Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle française. Après avoir appris les faits, il s’est empressé d’amalgamer l’acte odieux avec la droite dure, en impliquant Le Pen dans le coup de manière implicite (« Brasillach est servi »). Il est même allé plus loin et a expliqué qu’il rapprochait  le FN de ce crime car « il y a un lien évident entre l’extrême droite et les actes racistes [de Toulouse], et là où l’extrême droite recule la barbarie recule ». Il s’est donc empressé de donner une valeur politique aux événements – refusant d’ailleurs d’interrompre sa campagne.

Et quelle fut sa réaction lorsqu’il apprit que tout était le fruit de l’intégrisme islamique ?  Il a immédiatement retourné sa veste, en  disant que « notre premier devoir est de lutter contre les assimilations et stigmatisations haineuses à qui cette situation pourrait servir de prétexte ». Il est allé plus loin encore, et a affirmé qu’il n’y avait « aucun sens politique » dans les dires de Mohammed Merah. La réaction en deux temps de Mélenchon démontre un procédé tout simple : après avoir amalgamé le tueur avec le nationalisme, il refuse de l’amalgamer avec l’islamisme.

Diverses associations antiracistes ont agi de la même manière, dont SOS racisme. En effet, dans un communiqué de presse paru peu après la fusillade, ils ont écrit :

A force d’agiter les logiques de bouc émissaire, de faire l’autruche face aux manquements à l’égalité, de ne combattre qu’avec la plus grande discrétion les partis d’extrême droite, quelle société prépare t’on sinon une société faite de sang ?

Non content de surfer sur l’émotion et la haine qui habitaient la plupart de leurs lecteurs en ce moment de désolation – et ce dans le seul but d’arriver à leurs fin  – les auteurs se permettent d’encourager le combat contre certains mouvements politiques bien définis… appliquant par-là la logique du bouc émissaire qu’ils feignaient de critiquer.

Il est désormais de la responsabilité de chaque lecteur de s’assurer sitôt qu’il entreprend une lecture informative ou instructive de la véracité des faits – la confiance étant une valeur qui se perd de plus en plus au jour que nous vivons.

Pour ma part, j’adresse mes plus sincères condoléances aux proches des victimes et ne peux que prier pour qu’une telle tragédie ne se reproduise pas…

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A propos Yohan Ziehli

Président JUDC Vaud, Conseiller communal à La Tour-de-Peilz
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Un commentaire pour Mohammed Merah ou l’hypocrisie de la classe politique

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