ACTA: non merci!

actaDepuis la fermeture de Megaupload, les réactions des internautes et d’une grande partie de la jeunesse sont vives. Ces dernières atteignent leur sommet lorsque l’on parle de l’ACTA. Déception, critiques, et manifestations sont des choses courantes chez un nombre toujours croissant de personnes pour empêcher la mainmise d’un État ou d’une puissance sur le web. Vient alors un grand questionnement sur les droits d’auteur, la protection de la sphère privée et la liberté d’information. Bien que je considère que c’est un débat complexe qui ne peut être réglé d’un coup de bras, je vais mettre ici quelques points qui me poussent à soutenir les mouvements réactifs. En partie tout du moins.

Plus que sur le fond, c’est la forme qui est absolument insoutenable dans le cas de l’ACTA. Cet accord entre une trentaine de gouvernements a été négocié en secret, et ce n’est que grâce à des fuites qu’il a été admis prématurément au grand public. Si la négociation se fait d’une telle manière, rien ne peut nous garantir qu’il ne changera pas avec le temps, sans consultation du peuple. D’autant plus que les termes du traité sont particulièrement flous, ce qui pourra causer de sérieux problèmes d’interprétation.

Un autre problème d’importance majeure est que l’ACTA aura une valeur supra-nationale, ce qui signifie qu’il surpassera le droit en vigueur dans les pays signataires (même l’UE!) et également les organisation telles que les Nations Unies. En gros, en cas d’acceptation, nous enlèverons la souveraineté d’un grand nombre d’États au profit d’une institution sombre et peu transparente, bien distante de l’intérêt des citoyens. Encore pire: en facilitant la traque de toute personne susceptible d’avoir commis une irrégularité, le traité laissera des tiers (membres privés, donc ni d’un gouvernement ni des forces de l’ordre) pouvoir collecter les informations privées des utilisateurs d’internet.

Bien sûr, il faut protéger les droits des artistes, des créateurs, des scientifiques et des autres personnes qui investissent du temps et de l’argent pour découvrir et créer. Cela dit, cela ne peut pas se faire au dépends de la liberté sur internet. Aujourd’hui, alors que les lobbys et intérêts financiers ou politiques ont déjà mis la main sur les médias traditionnels, internet est un refuge de liberté d’expression que l’on ne peut pas mettre en péril avec de telles lois qui laissent une appréciation arbitraire à des autorités non-élues.

Il est donc primordial de s’opposer à l’ACTA, pour défendre les droits des citoyens face à la présence permanente d’une autorité étrangère illégitime sur leurs moindres faits et gestes informatiques. La liberté ne nous est pas due, elle est le fruit de siècles de combat. Ne la perdons pas maintenant !

Publicités

A propos Yohan Ziehli

Président JUDC Vaud, Conseiller communal à La Tour-de-Peilz
Cet article a été publié dans International, Liberté d'expression. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s