Initiative No Billag: l’heure du bilan

Plusieurs années de travail et d’engagement, des débuts du texte à la votation en passant par la récolte des 100’000 signatures nécessaires et par une campagne d’une rudesse rare. Des rencontres, des alliances, des négociations, l’application des principes politiques appris jusqu’alors et, surtout, beaucoup de nouveaux enseignements pour la suite. Le chemin a été long jusqu’au 4 mars 2018 et le verdict du peuple, en l’occurrence un refus de notre projet par plus de deux tiers des votants. L’heure est maintenant au bilan. Il faut décortiquer ce qui a été fait pour pouvoir accomplir ce qu’il reste à faire de manière optimale.

Les déceptions

Il est normal de commencer par les déceptions. Même si l’on savait dès le départ que le combat serait rude et la victoire improbable, on se bat toujours pour gagner (plus précisément, pour faire gagner le peuple selon notre vision de ce qui est juste). Or nous avons perdu et la Constitution restera inchangée. Outre la défaite, le résultat est décevant, tant au niveau des voix que des Cantons.

Plutôt que de remettre la faute sur les opposants ou, pire encore, sur le corps électoral (je n’aime pas cette manie qui se répète votation après votation), il faut admettre que nous n’avons pas su imposer notre opinion et que nous nous sommes laissés enliser dans une campagne assymètrique où nous répondions aux critiques plutôt que de mener le débat.

Nous n’avons pas su convaincre les votants que la situation actuelle est plus « extrême » que notre initiative et que cette dernière posait les bases nécessaires à une réforme en profondeur. Nous n’avons pas non-plus réussi à lever les fonds nécessaires pour faire passer notre message face à la campagne à plusieurs millions qui s’est déployée face à nous.

Les points positifs

Malgré tous ces points, la défaite dans les urnes ne saurait éclipser les nombreuses victoires et l’influence positive que cette initiative a eu jusqu’à présent et, surtout, qu’elle aura pour l’avenir.

Premièrement, nous avons pu démontrer qu’une équipe motivée, même sans moyens ou presque et sans le soutien d’un parti politique (jusqu’au sprint final) pouvait créer une initiative, récolter les signatures nécessaires, développer un argumentaire de qualité et mener le combat. Voilà qui redonne confiance dans les institutions démocratiques, car cela démontre que les outils de la démocratie directe n’appartiennent pas qu’aux grandes formations politiques ou aux groupes financiers, mais bel et bien aux citoyens qui ont une vision et des idées.

Surtout, les problématiques liées au service public ont été mises à la lumière du jour et les défauts structurels du système actuel exposés à tous. Tout le monde ou presque, aujourd’hui, admet qu’il y a des problèmes tant au niveau de la perception de la redevance que de son utilisation. Les critiques contre un système d’un autre temps sont reconnues bien au-delà des cercles favorables à l’initiative, et les plus fervents partisans de la redevance admettent qu’il faut dégraisser la machine et réformer l’institution.

Concrètement, les promesses de réforme et d’économies en la matière ont été faites tant par les principaux responsables politiques que médiatiques, à commencer par la direction de la SSR.

Les suites à donner

Alors que depuis des années il était impossible d’obtenir une quelconque remise en question du service public et de son financement, des groupes politiques représentant une majorité des élus au parlement sont désormais favorables à une réforme. Il va falloir continuer d’appuyer où ça fait mal et maintenir une pression constante jusqu’à l’obtention d’une situation plus juste et équitable.

La peuple votant a certes jugé notre initiative trop radicale. Mais il a également très largement constaté les errances de la situation et a basé son choix sur la fameuse promesse de « se mettre au travail dès le 5 mars ». Nous nous assurerons que cette promesse soit tenue et que ses suites concrètes ne tombent pas dans l’oubli.

Il nous faudra nous battre pour une baisse de la redevance des ménages afin de soulager les personnes dont la capacité économique est la plus faible. Il faudra en finir avec la taxation des entreprises, dont les employés payent déjà le forfait chez eux. Il faudra s’assurer de l’exécution de la mission de service public par les entreprises concessionnaires. Il faudra établir une réelle diversité médiatique, hors de la distorsion de concurrence induite par un monopole de fait.

Le 4 mars s’est terminé un travail de plusieurs années. Mais le 4 mars a aussi commencé un nouvel engagement, fondé sur des promesses et des constats partagés bien au-delà des cercles qui soutenaient initialement les réformes. Notre défaite dans les urnes est une victoire dans les esprits et nous finirons par la concrétiser, pour le bien des citoyennes et des citoyens.

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No Billag: à la recherche du compromis perdu

Que l’on s’intéresse de près ou de loin à la politique, il y a un débat national que l’on ne peut avoir manqué ces dernières semaines : l’avenir de la redevance Billag. Le combat est rude et les électeurs sont parfois perdus entre les arguments annonçant une catastrophe en cas d’acceptation du projet et ceux qui prétendent que tout ira bien. Alors, l’initiative va-t-elle trop loin ? Pour trouver un compromis, faut-il voter OUI ou NON le 4 mars ? Regardons-y de plus près.

La stratégie phare des opposants à l’initiative est de décrire le projet comme « extrême » et de revendiquer une solution intermédiaire. Prétendant vouloir se remettre en question, ils affirment prendre en compte les revendications du peuple et l’appellent, de ce chef, à refuser le texte mis en consultation.

Mais pourrait-il vraiment y avoir des réformes dignes de ce nom en cas de refus de l’initiative ? Il serait très optimiste de répondre par l’affirmative. En effet, des solutions intermédiaires ont été proposées à maintes reprises ces dernières années… sans succès.

Les opposants à No Billag ont refusé les compromis

Ainsi la Conseillère nationale Natalie Rickli avait déjà proposé en 2008 de limiter la perception de la redevance aux possesseurs de radios ou de télévisions. Un tel système aurait évité aux citoyens de devoir payer la taxe Billag pour le simple fait d’avoir un téléphone portable. Cette initiative parlementaire n’a pas été acceptée par nos représentants.

Puis, en 2011, l’élue demandait que les économies administratives faites par Billag suite au changement du mode de perception de la redevance soient redistribuées aux ménages. La chambre du peuple, suivant l’avis du Conseil fédéral, a rejeté cette motion. La même année, une proposition visant à rendre le montant de la redevance perçu en trop (67 millions de francs) avait subi un sort identique.

Même sous la pression de l’initiative populaire No Billag, le parlement a sèchement refusé le compromis de l’UDC visant à réduire la taxe à 200 francs. Pire encore, nos élus n’ont pas daigné proposer un quelconque contre-projet à l’initiative, convaincus que le sujet n’avait aucune chance de passer le 4 mars. Nonobstant l’avis de centaines de milliers de citoyens qui estiment payer trop pour un service qu’ils n’utilisent pas ou peu et pour des programmes de divertissements qu’ils ne considèrent pas comme éléments du service public, aucune proposition de compromis n’a été faite.

Tout au plus le Conseil fédéral a-t-il annoncé, de manière opportuniste une baisse de la taxe à 365 francs par an et par ménage. Cette proposition n’est qu’un trompe l’œil habile et purement politique : en réalité, ce projet ne retranche pas un franc aux bénéficiaires de la redevance. Le manque à gagner provoqué par cette annonce sera compensé par une augmentation des contributions des entreprises. Or, toute augmentation des charges pour les entreprises se retrouve, in fine, impactée sur la bourse du citoyen au moment où il va faire ses courses, manger une assiette au restaurant ou voir un film au cinéma.

Les programmes locaux disparaîtraient-ils en cas de OUI?

La principale crainte des opposants est la disparition des émissions régionales, en particulier dans les cantons latins. Cette supposition est devenue l’arme favorite du camp du NON, qui l’a servie à toutes les sauces. Elle n’est cependant pas fondée.

Premièrement, des programmes purement suisses seront toujours diffusés par les médias privés du simple fait qu’ils intéressent les consommateurs. On peut d’ailleurs déjà observer ce fait dans le domaine sportif : les tournois de seconde importance ne sont pas retransmis par les canaux de la SSR, mais bien par des chaînes privées. On prendra par exemple, outre les matchs de première division, la deuxième division de hockey sur glace, dont bénéficient par exemple les fans de Ajoie et La Chaux-de-Fonds, et la Challenge league en foot, pour les supporteurs de Xamax et Servette. Dans ces deux cas, ce sont des émetteurs privés qui diffusent les matchs… sans subvention.

De plus, même dans l’hypothèse pessimiste où il ne serait pas possible d’assurer un service de qualité en ce qui concerne les informations et la culture locales, il sera toujours possible d’aider des médias par le biais des cantons. Il est donc mensonger de prétendre que la publicité sera la seule source de revenus pour les prestataires de services romands.

Pour donner un exemple chiffré, alors que la SSR à elle seule perçoit aujourd’hui 1,2 milliards de francs par année sortis directement de la poche des citoyens, l’ensemble des télévisions et radios régionales se partage la somme de 60 millions de francs (environ 20 francs par ménage et par année). Une solution prévoyant un tissu médiatique principalement privé avec des subventions ciblées pour l’information et la culture au niveau régional est tout à fait envisageable en cas d’acceptation de l’initiative No Billag et constituerait un compromis intéressant entre le tout et le rien.

Une situation qui convient à tous avec l’initiative

Offrons à notre pays une chance de connaître un système plus juste et garantissant l’accès à des programmes de qualité. Osons offrir une possibilité de soutenir les programmes faisant réellement partie du service public tout en laissant aux citoyens le choix de payer ou pas pour des émissions de divertissement étrangers à la notion de service public.

Le 4 mars, quand il faudra se rendre au bureau de vote, je penserai amèrement à l’absence de vision de notre gouvernement, au déficit d’écoute de nos élus et à la suffisance de la SSR et consorts. Dans le but de pouvoir faire changer la donne, je voterai OUI à l’initiative No Billag.

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Sanctions anti-russes: que gagne la Suisse?

sanctionsrussie

Image: Voice of Russia

Les dernières semaines ont été marquées par le référendum catalan sur l’indépendance. Une population votait pour retrouver son autonomie, sans base constitutionnelle certes. Mais au fond, le Kosovo n’a-t- il pas été reconnu par la majorité des Etats occidentaux, Suisse comprise, en violation du droit serbe auquel il était soumis jusqu’alors ?

Ces événements, commentés avec une certaine mansuétude – que ce soit par les acteurs médiatiques ou politiques tels que l’Union européenne – ne pouvaient manquer de nous rappeler le référendum de Crimée en 2014. Pour mémoire, les électeurs de la presque-île avaient alors accepté leur détachement de l’Ukraine et leur retour au sein de la fédération de Russie avec plus de 96% des voix. A noter que le taux de participation était bien plus élevé que celui de la Catalogne, en raison de l’incapacité de Kiev à perturber le scrutin avec la même vigueur que Madrid.
Plusieurs mois après la votation, les études menées par des instituts européens confirmaient que le vote correspondait à la volonté des Criméens : plus de 90% de ces derniers étant satisfaits de la situation et 80% considérant que le vote représentait la volonté de leurs concitoyens.
Faisant fi de la volonté populaire en Crimée, ignorant l’histoire de cette république qui n’a jamais voulu être ukrainienne (elle y a été rattachée contre son gré, une première fois en 1954 par donation du dictateur d’origine ukrainienne Khrouchtchev, une seconde fois après la partition de l’URSS par phagocytage de son voisin du nord) et ne craignant pas la contradiction de sa reconnaissance du Kosovo, la Suisse a décidé benoîtement de s’aligner sur les sanctions internationales contre la Russie pour « éviter qu’elles ne soient contournées à travers notre pays ».
Les considération historiques étant mises au point, il en reste que notre Confédération, prétendument neutre, applique aujourd’hui un certain nombre de sanctions à l’encontre du grand cousin de l’Est. Si l’on peut comprendre l’idée que l’industrie de l’armement ne doit pas servir dans un conflit ouvert, comment peut-on penser que l’embargo sur les machines à coudre, les lave-linge et les calculatrices soit d’un intérêt quelconque pour notre pays ?

La Suisse doit préserver sa neutralité.

Si les sanctions contre la Russie imposées sous le prétexte de l’annexion de la Crimée nous ont appris quelque chose, c’est que la patrie de Nabokov et Dostoïevski est un partenaire de choix pour la Confédération. Le fait que cette dernière ait renoncé à nous inclure sur la liste des pays sanctionnés dans le domaine agroalimentaires en est un signe.

La Suisse n’est-elle plus qu’un simple protectorat de l’occident, uniquement bonne à jouer son jeu pour des intérêts géopolitiques décidés outre-atlantique ? Ne pourrait-elle pas retrouver un rôle plus avantageux et servir de médiateur entre les différentes parties ?
La Suisse est un Etat neutre. Elle doit le demeurer. Finissons-en avec des sanctions contraires à nos valeurs et tournons enfin la tête vers l’avenir avec, comme but, l’intérêt de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

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Bilan après une législature de politique communale


Ayant été élu au Conseil communal de La Tour-de-Peilz et Conseil intercommunal de l’Association Sécurité Riviera il y a plus de cinq ans, je pense qu’il est temps de faire une rétrospective de mon engagement durant la dernière législature.

Comme chacun le sait, les premières années dans un parlement, quel qu’il soit, sont caractérisées par la prise de repères, l’observation du fonctionnement et la découverte de l’institution elle-même. Il n’empêche que le temps passant, c’est l’occasion de tenir les engagements pris envers les électeurs afin de faire avancer les choses.

Voici donc un aperçu des principales actions que j’ai entreprises, cette liste étant évidemment non-exhaustive. Je ne présente ici que les thèmes locaux entrepris au conseil. Les positionnements cantonaux et fédéraux peuvent être retrouvés, par thèmes, ailleurs sur mon site.

Soutenir la consommation locale.
Par ma première interpellation, je désirais m’assurer que les réfectoires publics de la commune servaient majoritairement des produits suisses, si possible vaudois.

Moins de bureaucratie pour les travailleurs.
C’est lors de la révision du règlement concernant les licences de taxi que j’avais déposé un amendement pour permettre à ces derniers de réduire des frais administratifs superflus qui sont, comme on le sait, finalement payés par les utilisateurs.

Coup de pouce pour les établissements de restauration.
Les restaurants, cafés et bars de la région sont constamment sous pression. A cette fin, j’ai défendu plusieurs mesures pour les soulager. Tout d’abord, en soutenant un amendement demandant une réduction de la taxe sur les terrasses. Ensuite, en déposant une motion demandant la prolongation des heures d’ouvertures des terrasses le week-end et les veilles de jours fériés. Cette dernière a été très largement acceptée et a donné de très bons résultats.

Réintégrer les conseillers dans le processus de naturalisation.
Depuis quelques années, la compétence concernant la naturalisation est passée dans les mains de la municipalité. Alors que toutes les autres villes du canton de Vaud on instauré une commission consultative donnant au législatif un rôle d’observateur, La Tour-de-Peilz a laissé ce domaine totalement hors du contrôle du conseil communal. C’est cette situation que mon postulat visait à corriger.

Défense de l’environnement.
Aimer sa région, c’est aussi la protéger. C’est dans cette optique que j’ai défendu plusieurs initiatives visant à la préservation de l’environnement. En particulier, pour contrer la disparition des abeilles de notre pays, j’ai proposé un postulat demandant l’implantation de ruches dans notre commune. Ce dernier a été largement accepté et peut maintenant porter ses fruits.

Simplifier la politique de stationnement.
Une politique de stationnement onéreuse et décourageante décourage les usagers de se parquer à proximité des petits commerces et des établissements publics et nuit à ces derniers. Cette situation ne convient pas: combien de fois a-t-on été amendé à cause d’une file d’attente trop longue ou n’a-t-on pas pu faire une course de peur d’être épinglé? J’ai ainsi, par une motion – changée en postulat – demandé l’élaboration d’une application permettant de payer le stationnement de manière plus juste et flexible depuis sont téléphone portable. L’idée a été acceptée à la quasi-unanimité et cette situation est devenue réalité en février 2017.

Plus de protection des données.
Suite à une information des médias selon laquelle plusieurs communes avaient, illégalement, transmis certaines données telles que la profession de leurs habitants au BVA, j’ai déposé une interpellation pour être certain que cela ne continuerait pas à La Tour-de-Peilz. La commune a répondu de manière claire et affirmé cesser lesdits transferts d’informations.

Et encore…
Outre ces quelques exemple, je pense avoir tenu mes engagements. Soutenir plus de sécurité et donner des moyens suffisants aux forces de l’ordre, alléger les charges pour les commerces et PME, s’opposer aux hausses d’impôts, donner les bonnes conditions cadre pour dynamiser le district…

C’est donc avec ce bilan derrière moi que j’entame une nouvelle législature, motivé par un score réjouissant lors des dernières élections, et que je me présente aux élections cantonales, en espérant pouvoir continuer le travail depuis les sièges du Grand conseil.

 

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Non, le 9 février n’a pas coupé la Suisse de la mobilité européenne (Erasmus)

erasmusSuite à l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse par le peuple et les cantons le 9 février 2014, l’Union européenne n’avait pas attendu pour agir. Illustrant un nouveau concept que l’on peut qualifier de punition préventive, la Commission avait écarté la Suisse de divers programmes européens, dont cela de mobilité européenne Erasmus.

Indignés, les militants euroturbos n’avaient alors pas mis en cause les méthodes tyranniques de l’Union et ne s’étaient pas offusqués du chantage exercé contre nos étudiants. Au contraire, ils s’étaient limités, par envie de revanche, à une critique en règle de l’Union démocratique du centre.

Les pires prédictions apocalyptiques avaient ensuite fait leur apparition dans la presse et dans les auditoires: les échanges ne seraient plus possibles, les étudiants seraient isolés en Suisse et n’auraient pas accès à la culture européenne. La réputation de nos Universités serait ruinée et nous perdrions notre capacité de formation.

Qu’en est-il en réalité? Pour le savoir, la Conseillère nationale Alice Glauser (UDC/VD) a déposé une interpellation lors de la dernière session parlementaire. Le Conseil fédéral y a récemment répondu.

Il apparaît que le nombre d’échanges n’a jamais été si haut qu’aujourd’hui. Les Suisses participent plus à la mobilité européenne que lorsque notre pays était associé directement au programme Erasmus+.

Concernant les dossiers refusés par des Hautes écoles de l’Union, le Conseil fédéral est très clair:

Une enquête menée auprès des hautes écoles suisses en été 2014 à la demande de la Confédération a cependant montré que les effets étaient globalement restés limités, car les étudiants concernés avaient pu dans la plupart des cas trouver une destination de remplacement.

S’il est vrai que la Suisse a quelques désavantages, notamment au niveau de l’influence sur les décisions, il est par contre intéressant de se concentrer sur les conséquences financières de l’exclusion de la Suisse du programme. Encore une fois, le Conseil fédéral donne raison aux prédictions de l’UDC:

Selon l’état des négociations au moment de leur suspension, une association complète aurait conduit à une augmentation des moyens nécessaires. La Commission européenne demandait à la Suisse, tout comme aux Etats membres de l’EEE, un montant fondé sur la part du PIB.

Résumons: les étudiants suisses sont plus mobiles que jamais et nous payons aujourd’hui moins que si les négociations n’avaient pas été suspendues. Le Conseil fédéral refuse à dessein de donner de chiffres, mais les estimations données par des politiciens alémaniques s’élèvent à plusieurs dizaines de millions de francs d’économies annuelles.

Les prédictions de la presse, les pleurs de la jeunesse socialiste et la volonté d’annulation d’un vote populaire répétée par une caste d’intellectuels autoproclamés ne changeront pas les faits. La Suisse ne doit plus se faire intimider par des pressions antidémocratiques. En se battant pour nos intérêts et notre souveraineté, nous nous en sortirons toujours.

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Prêches islamiques et incitation à la haine: en Europe aussi!

CORAN2Relisant certains passages du Coran, j’en suis arrivé aujourd’hui à la sourate 9, dite « le désaveu » ou « le repentir ». Je l’ai lue avec un intérêt particulier étant donné qu’il s’agit de l’une des dernières sourates dictée par le prophète (la 113è sur 114, pour être exact). Or, lors de conflits entre plusieurs versets, on sait que les derniers à avoir été dictés ont tendance à prendre le dessus sur les plus anciens. Ainsi, la portée de cette sourate semble importante et pourrait déroger à des versets pleins de tolérance et d’ouverture écrits plus tôt.

J’ai rapidement été impressionné par le caractère violent, voire haineux, qui ressort de ce texte. Il s’agit en grande partie d’un plaidoyer pour le Jihad, déclarant dans quelles conditions les fidèles musulmans peuvent (et doivent) tuer les chrétiens, les juifs et les polythéistes, et expliquant que les fidèles refusant de le faire valent peu et seront sévèrement punis.

Certains passages, en particulier, sont choquants.

« Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent le Salât et acquittent la Zakât, alors laissez-leur la voie libre. »

« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la captation par leurs propres mains, en état d’humiliation. »

Gens du Livre, associateurs: ce sont les juifs et les chrétiens qui sont visés, selon les interprétations unanimes de ces textes. Ils sont d’ailleurs nommément cités dans les versets suivants. Il est clairement expliqué, comme on peut le lire ci-dessus, que les membres des minorités doivent vivre selon les rites musulmans et payer l’impôt des non-musulmans (Jizya).La suite de cette sourate regorge d’appels à aller au combat et à mépriser, mettre au ban ceux qui n’y vont pas ou hésitent à y aller. (Je laisse à chacun le loisir de la lire si intérêt il y a).

Interpellé par cette lecture choquante, et voulant constater quelle interprétation modérée pouvait y être apportée, j’ai commencé à naviguer sur des sites et forums musulmans, à la recherche d’explications précises. J’espérais simplement trouver une explication du contexte historique (guerre contre les Byzantins) et des appels à ne pas le reproduire. J’ai ainsi sélectionné des sites supposés être modérés.

Quelle ne fut pas ma surprise ! Très loin de contredire ce qui est inscrit dans cette sourate, on y trouve des défenses du texte directement accessibles et fort bien référencées sur google. En particulier sur le forum sunnite http://www.forumuslim.com. Ce site se veut représentant d’un islam ouvert et consensuel. Les modérateurs du site précisent que les textes extrémistes, insultants ou contraires aux principes de l’islam sont supprimés.

Ainsi, un fidèle musulman y demande simplement s’il faut, oui ou non, tuer les non-musulmans au nom de ce verset ou s’il faut contextualiser le contenu.

La première réponse vient d’un imam domicilié en Suisse. Il cite le prophète:

« Celui qui interprète le Coran à sa guise, même si ce qu’il dit est vrai s’égare. »

Très loin d’appeler le fidèle à la prudence, ce responsable religieux vraisemblablement actif en Suisse romande appelle à la retenue quant à l’interprétation ! Il ne se sent visiblement pas qualifié pour confirmer ou infirmer l’appel au meurtre des non-musulmans.

Suit une réponse « officielle » du forum, considérée comme une résolution efficace et juste par les responsables de ce site. Encore une fois, aucune contradiction de l’appel au meurtre, aucune minimisation de sa signification et aucune mise en garde contre la radicalisation.

On y lit un grand développement sur le contexte, expliquant en détail les circonstances ayant précédé cette sourate. J’en donne ici quelques extraits.

« Ce passage poussait les Croyants à être actifs dans le jihad et réprimandait sévèrement les réticents pour leur attachement à leur richesse et pour leur hésitation à sacrifier leurs vies dans la voie d’Allâh à cause de leur hypocrisie, de leur faible foi ou de leur négligence. »

« Si nous tenons compte du contexte précédent, nous pouvons facilement découvrir les problèmes auxquels la Communauté était confrontée à ce moment-là. Ils se résumaient à :

1. Faire de l’Arabie entière un  » Dar-ul-Islam  » parfait,
2. Etendre l’influence de l’Islam aux pays avoisinants,
3. Faire stopper les espiègleries des hypocrites et
4. Préparer les Musulmans au Jihad contre le monde non-musulman.

Maintenant que l’administration de l’Arabie entière était entre les mains des Croyants et que tous les pouvoirs opposés étaient devenus impuissants, il était nécessaire d’établir une déclaration claire de la politique qui devait être adoptée pour faire du pays un  » Dar-ul-Islam  » parfait. »

« Cela devait aussi servir d’exemple aux Musulmans pour l’éradication de tous vestiges des coutumes d’ignorance de la vie de l’Arabie (et ensuite des modes de vie des Musulmans de toutes les contrées). Pour permettre aux Musulmans d’étendre l’influence de l’Islam à l’extérieur de l’Arabie, ils ont été invités à s’imposer avec l’épée à la puissance des non-musulmans et à les forcer à accepter la souveraineté de l’État Islamique. Comme les grands Empires Romains et Iraniens étaient les plus grands obstacles sur leur voie, un conflit avec eux était inévitable. L’objet du Jihad n’était pas de les contraindre à accepter l’Islam – ils étaient libres d’accepter ou de ne pas accepter – mais de les empêcher d’exercer de force leurs déviations sur d’autres et sur les générations suivantes. Les Musulmans ont été enjoints à tolérer leur incrédulité seulement dans la mesure où ils pourraient avoir la liberté de rester mécroyant, si tel était leur choix et à la condition qu’ils paient la  » Jizyah « (v. 29) comme un signe de leur soumission à l’État Islamique. »

« Pour préparer les Musulmans au Jihad contre le monde non-musulman entier, il était nécessaire de les guérir même de cette légère faiblesse de foi dont ils souffraient encore. […] De plus, une déclaration claire a été faite proclamant qu’à l’avenir, le critère unique de la foi d’un Musulman sera les efforts qu’il réalisera pour l’élévation du Nom d’Allah et le rôle qu’il jouera dans le conflit entre l’Islam et la mécréance. »

Ces textes sont librement accessibles sur un site semble-t-il beaucoup fréquenté et en activité depuis plus de 10 ans sur le net. Il s’agit là de réponses faites à des fidèles cherchant à vivre un islam véritable, et consultées par des jeunes musulmans francophones vivant en Europe et ailleurs.

On ne dément pas la nécessité de tuer les non-musulmans qui refusent de payer l’impôt des minorités soumises. Pire: on dit, en somme, que l’islam avait une stabilité suffisante en terre d’Arabie pour pouvoir entamer une invasion du reste du monde. Comme si cela coulait de source. Ou, peut-être, car cela coule de source…

Comment est-il possible que de telles choses puissent se trouver sur des plateformes d’un islam progressiste (dont le slogan est « paix, amour, et fraternité » !) sans en choquer les utilisateurs? Une procédure pénale pour incitation à la haine, discrimination raciale ou d’autre motifs a-t-elle été entreprise? Peut-on accepter une telle justification de meurtres de masses et de racisme et, surtout, fermer les yeux sur cet endoctrinement?

Poser ces questions, c’est y répondre…

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Référendum à signer contre la banalisation des mères porteuses

mere porteuseLe parlement a accepté, en juin dernier, une réforme attendue du droit de la famille. Les effets principaux devraient être de privilégier le bien de l’enfant et de garantir une plus grande équité entre les différents modèles familiaux, notamment en permettant aux couples homosexuels ou concubins d’adopter l’enfant de leur conjoint.

Les discussions seront nombreuses au sujet du bien fondé de ces deux points. Faut-il oui ou non permettre l’adoption par des couples homosexuels unis par un partenariat enregistré? Qu’en est-il pour les couples non-mariés? Dans quelles limites et à quelles conditions cela doit-il être possible?

Si tous ces éléments alimenteront le débat, il ne faut pas éclipser les conséquences secondaires perverses introduites par la présente loi. En particulier le boulevard créé pour l’apparition de la GPA (gestation pour autrui) en Suisse.

L’exploitation de femmes pauvres par des hommes riches

Concrètement, un homme vivant en ménage commun avec un autre depuis trois ans pourra adopter l’enfant de ce dernier. Peu importe si le père en question a eu son enfant d’une manière interdite par le droit suisse, en l’achetant à une mère porteuse à l’étranger.

Cette présentation des faits peut paraître très crue, très froide. Elle correspond malheureusement strictement à la réalité de ce qui sera désormais autorisé dans notre pays avec la nouvelle loi.

N’oublions pas que si la GPA est interdite dans notre pays, ce n’est pas par excès de conservatisme aigu, mais pour protéger les femmes les plus démunies. En effet, la « location » du ventre d’une mère porteuse dans le but de lui acheter son enfant n’est rien d’autre que l’exploitation d’une femme pauvre par un homme riche.

Un simple détail dans ce débat?

J’entends déjà les partisans de la réforme du droit de la famille venir expliquer que ce n’est qu’un détail de la nouvelle loi et qu’il ne faut pas en tenir compte.

Cela est simplement faux! En réalité, le nombre d’adoption d’enfants naturels du conjoint qui auront lieu avec le nouveau droit sera extrêmement limité. Comme l’a très bien relevé Yves Nidegger dans un article sur ce sujet, le nombre estimé découlant de ce vote a fondu de 30’000 lors du débat sur l’entrée en matière pour n’atteindre que 500 cas à la fin du travail parlementaire.

La réforme aura donc une incidence immédiate très limitée, en particulier en ce qui concerne le bien de l’enfant. Elle vise beaucoup plus à introduire des principes nouveaux dans le Code civil, principes qui évolueront à l’avenir et aboutiront, par soucis d’égalité, à des normes bien plus larges.

Comment sera-t-il possible, en effet, de refuser à deux hommes vivant en Suisse d’avoir recours à une mère porteuse si l’un d’entre eux peut déjà aller y recourir aux Etats-Unis, puis autoriser son partenaire à adopter l’enfant ainsi né?

Une insulte à la recherche du bien de l’enfant

L’argument phare des partisans est la recherche du bien de l’enfant. Martelée à tort et à travers. Sans que l’on ne regarde plus loin ce qu’il en est vraiment.

Inséminer artificiellement une femme qui ne désire pas d’enfant (ou qui n’a pas les moyens d’en avoir). Lui demander de s’en séparer après la naissance contre payement. La banalisation des usines à bébés dans des pays pauvres, où des femmes reçoivent des embryons par la poste puis les mettent au monde pour des sommes de misère, dans des conditions insupportables. Ce n’est pas l’image que je me fais d’une politique centrée sur le bien d’enfant. Quand bien même ce n’est pas le centre de la nouvelle loi, cela en est une conséquence inévitable.

Que je n’accepterai pas.

Téléchargez les feuilles de signatures  en cliquant sur ce lien, signez-les et renvoyez-les à l’adresse inscrite dessus pour permettre aux citoyens de se prononcer en leur âme et conscience après un réel débat public. 

 

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Canton de Vaud: une initiative pour prévenir les dérives de l’intégrisme religieux

blanchotDispenses de piscine à l’école. Port du voile en classe pour des jeunes filles n’ayant pas atteint l’âge de la majorité religieuse. Nouveaux régimes alimentaires dans les cantines et suppression du porc dans les réfectoires publics. Refus de toucher la main de femmes enseignantes. Délimitations motivées par des motifs religieux dans les cimetières. Productivité limitée pendant des périodes de fête ou de jeûne dans le monde du travail. Questionnement sur la légitimité des jours fériés issus des traditions de notre pays. Dérogations à la protection des animaux dans le cadre de leur abattage dans des conditions humaines et en particulier de leur étourdissement.

Les litiges concernant la portée de la liberté religieuse se multiplient, faisant passer ces cas du rang de faits divers à celui d’actualités politiques. Car il s’agit bel et bien d’un thème politique: trouver le juste milieu entre l’admission des revendications d’une minorité et la défense des intérêts de la majorité et des autres minorités. C’est dans ce contexte qu’interviendra prochainement une initiative de l’UDC Vaud. Il convient d’en expliquer les principes.

Le cas particulier vaudois

La nouvelle Constitution vaudoise du 14 avril 2003 a introduit une notion inédite en Suisse: la communauté religieuse d’intérêt public. Alors que, dans la majorité des Cantons, la seule distinction entre les communautés religieuses se fait entre les religions de droit public et les autres, le Canton de Vaud a introduit une notions intermédiaire: les communautés d’intérêt public.

Ces dernières ont un statut aujourd’hui peu clair. Outre divers avantages financiers, il est à prévoir que le titre qui leur est donné puisse être la base de revendications diverses, telles que celles que j’ai citées dans mon paragraphe introductif. C’est pour éviter des dérives à ce niveau qu’une modification de la Constitution cantonale se justifie.

Clarifier la signification du statut de communauté d’intérêt public

Le statut d’intérêt public accordé à une communauté religieuse donne droit à un certain nombre d’avantages légitimes. Un accès aux coordonnées des personnes se déclarant volontairement membres de ladite communauté, une facilitation de la mission d’aumônerie et un régime fiscal intéressant, en raison des tâches bénéfiques pour la société qui sont accomplies. De plus, cette reconnaissance instaure un meilleur suivi de la communauté en question, que ce soit au niveau des comptes, des statuts ou de tout autre élément pertinent.

Ce statut ne doit cependant pas permettre d’accepter n’importe quelle revendication. Il serait par exemple inacceptable qu’une communauté puisse exiger un régime particulier dans les réfectoires publics. Une telle exigence conduisant presque systématiquement, par souci de planification, à l’exclusion des régimes alimentaires de la majorité.

Il ne serait pas acceptable non-plus que la reconnaissance d’une communauté permette à des parents intégristes d’imposer à leurs filles mineures, n’ayant pas même atteint l’âge de la majorité religieuse, de porter le voile ou tout autre tenue les distinguant, contre leur gré, de leurs camarades.

Cette délimitation a été omise lors de l’élaboration de la nouvelle Constitution et il est aujourd’hui naturel de la définir clairement.

Eviter une poussée communautariste

Comme expliqué ci-dessus, l’article 171 de la plus haute loi cantonale ne doit pas ouvrir la porte à des revendications politiques abusives. Il offre, dans l’état actuel des choses, un boulevard au communautarisme religieux. Il constitue un terreau favorable à l’émergence de sociétés parallèles coupées du reste de la population.

Ne laissons pas la possibilité à des communautés exotiques de requérir l’acceptation de jours fériés particuliers. D’exiger des restrictions aux règlements scolaires, notamment en ce qui concerne l’octroi de congés en dehors des vacances et de dispenses des cours de natation. De demander des dérogations aux lois actuellement en vigueur, par exemple en ce qui concerne les cimetières. En effet, si une personne ne peut pas imaginer être enterrée au milieu de ses concitoyens athées ou chrétiens après sa mort, comment peut-on espérer une volonté d’intégration de son vivant?

L’initiative cantonale de l’UDC Vaud offrira une vision claire de ce que permet et ne permet pas le statut de communauté d’intérêt public. Elle permettra d’accorder des avantages légitimes aux personnes bien intentionnées tout en fermant la porte aux excès des gourous intégristes. Elle donnera l’impulsion pour une politique ouverte mais pas naïve.

Je vous encourage fortement à soutenir l’initiative populaire « pour prévenir les dérives de l’intégrisme religieux » lors de son dépôt d’ici quelques mois.

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Extrémisme: les médias aveugles de l’oeil gauche (SRF)

antifa1Article paru sur le site de la SRF. Traduit de l’allemand par mes soins.

 

En Suisse, l’extrême gauche a été responsable, l’année dernière, de 6 fois plus de délits violents que l’extrême droite. Selon les statistiques. Elle légitime sa violence en se basant sur la bonne cause, nous dit le sociologue Klaus Schroeder. La faute en revient aussi aux médias qui seraient aveugles de l’oeil gauche.

 

Durant les dernières semaines, les extrémistes de gauche ont beaucoup irrité dans plusieurs villes suisses, en particulier à Berne. Là-bas, des pierres ont été lancées sur des policiers et l’hôpital pour femmes comme le centre de l’armée du Salut ont été attaqués. Sur internet, une liste de 22 pages contenant les données personnelles de personnes impliquées directement ou indirectement dans le domaine de l’asile a été publiée, dans le but d’entreprendre des actes contre eux, sous prétexte que la situation dans l’asile serait mauvaise. Le Professeur allemand de sociologie Klaus Schroeder affirme que les actes violents de la gauche sont significativement minimisés.

 

SRF News: Pourquoi en est-il ainsi?

 

Klaus Schroeder: parce que la gauche radicale a bien compris comment légitimer sa violence par la bonne cause. Ils prétendent exercer de la bonne violence en s’opposant au pouvoir et, donc, montrer un signal.

 

Est-ce qu’il y a une différence entre la bonne et la mauvaise violence?

 

Non, il n’y en a pas dans la société civile. Ce sont les groupes d’extrême gauche qui s’attribuent eux-même le droit d’agir ainsi. Nous avons, pour ainsi dire, la mission historique de le faire. Nous opposons notre violence révolutionnaire à la violence structurelle du système capitaliste.

 

Les statistiques de l’année dernière montrent que, en Suisse, l’extrême gauche commet beaucoup plus d’infractions pénales et d’actes violents que l’extrême droite. Concrètement, il y a eu 28 actes violents de l’extrême droite contre 199 de l’extrême gauche. Êtes-vous étonnés?

 

Pour la proportion, oui. En Allemagne, les chiffres sont un peu plus proches. Mais cela s’explique: en Allemagne, les infractions comprennent également les actes liés à la propagande, que l’extrême gauche ne peut pas commettre. Mais si on ne prend que les actes violents en compte, c’est la même chose en Allemagne: la gauche est responsable de plus de violence et de lésions corporelles que la droite.

 

Quel est le milieu dont sont issus ces gens?

 

Ce n’est plus le milieu intellectuel des années 1968. Ce sont beaucoup ne jeunes, notamment du milieu Punk, des jeunes qui recherchent des sensations et veulent ressentir quelque chose. La violence pour une bonne cause renforce la confiance en soi et le sentiment d’appartenance. C’est un milieu qui a grandi au fil des années et où la violence politique est considérée comme naturelle.

 

Pourquoi les personnes bien formées montrent-elles de la compréhension pour de telles positions d’extrême gauche?

 

Parce que l’on se base sur la bonne cause, qui est souvent invoquée. Le socialisme et le communisme seront toujours connotés positivement. Avez-vous déjà entendu quelque dire “plus jamais de goulag, plus jamais de socialisme ou de communisme” ? De la même manière qu’on le fait avec la droite – dieu merci – en disant: “plus jamais de fascisme, plus jamais Auschwitz” ? Non, il n’en est rien. Il n’y a aucune stigmatisation des meurtriers de masse gauchistes comme Lénine, Staline ou Mao. On en fait même l’éloge lors de manifestations !

 

Vous avez dit que les milieux de gauche ont évolué. Mais comme à l’époque, ils s’opposent encore au capitalisme.

 

Oui, c’est vrai. On prend le capitalisme pour la source de tous les problèmes sur Terre. C’est du marxisme vulgaire, auquel il est cependant donné une grande considération. Le milieu [de gauche radicale] n’est aujourd’hui plus théorique. Il est épuisé de théorie. La propagande de la domination de la violence et de l’action le dominent aujourd’hui en Suisse comme en Allemagne.

 

Depuis quand sombre-t-on dans l’extrême selon vous ? A quel moment les politiciens doivent-ils dire que cela va trop loin?

 

Au moment où la violence est utilisée. Peu importe à l’encontre de qui. L’usage de la violence personnelle à l’encontre de la droite et de l’extrême droite n’est pas justifiée comme le prétendent les extrémistes de gauche. La gauche, extrême comme modérée, doit marquer une ligne rouge face à la violence. Mais cela ne se fait que rarement. Nous sommes toujours confrontés à des actions, des manifestations, qui sont exploitées par les autonomes. Ces derniers s’y sentent comme des poissons dans l’eau et se fondent dans la masse des manifestants pour être très difficiles à arrêter.

 

Vous êtes l’un des rares sociologues qui se consacrent à l’extrême gauche. Quelle expérience avez-vous vécues?

 

Celle d’être accueilli, après chaque prise de position, par un grand nombre de courriers haineux et d’être traité avec hostilité. Egalement entre collègues, il n’est pas recommandé de s’occuper de ce sujet. Il faut être très fort et confiant en soi pour résister à cette pression.

 

Comment expliquez-vous ces réactions?

 

Nous avons, au moins ici à Berlin, un milieu de gauche radicale voire extrême très fort qui engage des combats dès que quelqu’un s’intéresse à ce sujet. Ils croient que l’extrémisme de gauche n’existe pas. Quiconque utilise le mot extrémisme devrait y inclure automatiquement la gauche et la droite. C’est un non-sens tant journalistique que scientifique, qui est pourtant très présent. Quand on parle de la violence d’extrême gauche, on est tout de suite isolé, on est tout de suite pris pour un défenseur de l’extrême droite. Cela aussi, c’est un non-sens. On doit pouvoir aborder ces deux sujets. Dans la société civile, l’Etat a le monopole de la force. L’utilisation de toute violence politiquement motivé est à condamner.

 

Quel est le rôle des médias? D’un côté on parle de néonazis, de l’autre, d’autonomes, de vandales, d’activistes.

 

La notion d’extrême gauche n’est que très rarement utilisée. A l’inverse, si l’extrême droite utilisait la violence dans les même proportions, on en aurait déjà fait un sujet national. Quand c’est l’extrême gauche qui utilise la violence, il n’y a – dans le meilleur des cas – qu’un petit filet dans les journaux. Beaucoup de médias sont aveugles de l’oeil gauche… ou voudraient l’être.

 

Source: SRF, Radio-télévision suisse allemande


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Centre islamique à La Chaux-de-Fonds: appel à manifester

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Logo des frères musulmans dont se rapprochent les instigateurs du centre islamique

Une manifestation pacifique est organisée le samedi 11 juin à 11 heures à La Chaux-de-Fonds en opposition à l’inauguration du centre islamique à 26 millions qui y sera créé. Par cette manifestation, nous nous démarquerons du communautarisme mis en avant par ce projet et de l’instauration d’un islam politique en Suisse aux liens les plus douteux.

Mentionnons à cet effet que le centre est financé par des fonds provenant des pays du Golfe. Parmi les donateurs, on retrouve notamment Qatar Charity. Organisation ayant financé le groupe terroriste Al-Qaïda pour ses « activités internationales ».

La présidente du forum pour un islam progressiste Saïda Keller-Messahli partage ces craintes:

Il ne faut pas être naïfs: le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie, depuis des décennies, travaillent pour mettre en place leur manière d’islam, leur façon de voir l’islam, et ils le font à travers des structures qui existent déjà, avec énormément d’argent, comme on le voit par exemple en ex-Yougoslavie, où cela fait des ravages…
[l’islam, qui avait été tolérant là-bas] est aujourd’hui livré au salafisme, au wahhabisme des Saoudiens!

La proximité du projet avec les Frères musulmans est également des plus troublantes. Le nouveau centre est étroitement lié au couple Karmous, arrivé en 1992 à La Chaux-de-Fonds. L’épouse, Nadia Karmous, est la propriétaire de l’immeuble. Cette même Nadia Karmous a été mise en cause pour avoir accueilli illégalement en Suisse un Algérien membre du FIS, sans papiers. Ce mouvement avait pour but la création d’une république islamique en Algérie, appliquant la charia, et comprenait des branches armées.

Son mari, Mohammed, a créé plusieurs associations islamiques en Suisse, dont certaines sont proches des Frères musulmans. On notera également l’accueil de prédicateurs radicaux, dont le cheik saoudien Salman Fahd al-Awda (ayant soutenu les attentats suicide contre les mécréants) à l’occasion d’un congrès consacré à l’intégration des musulmans.

Saïda Keller-Messahli s’inquiétait au sujet de ces liens lors d’une interview par la RTS:

Les Frères musulmans, c’est la natation non mixte, c’est le voile pour les filles, c’est un islam rigide tourné vers le passé. Il ne peut donc y avoir de confiance en ce projet.

Pour la présidente du forum pour un islam progressiste, ce centre imposera bel et bien un islam politique en Suisse avec des moyens que les associations modérées et tournées vers l’intégration ne peuvent pas concurrencer.

Eh oui. Car, pour revenir sur le projet lui-même, il a déjà été annoncé qu’il comprendrait une piscine avec horaires différenciés pour les hommes et les femmes, une salle de prière et un centre parascolaire. Le couple précise que l’on ne dira dans ce centre ni du bien, ni du mal de l’Etat islamique.

Les risques de dérives communautaristes et l’implantation d’un islam radical sont réels et sont partagés tant par des chrétiens que des athées et des musulmans modérés, comme on a pu le voir.

Le 11 juin, venez manifester pacifiquement pour refuser un islam politique, communautariste et dangereux.

deburqa

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